bio

C’est par le rock que Corine Milian a abordé la musique. Bassiste de jeunes groupes, elle commence à composer, tout en étudiant la guitare classique puis la harpe en conservatoire.
C’est alors l’explosion de la danse contemporaine qui la percute véritablement, y découvrant de nouvelles dimensions scéniques.

Elle entre en musicologie à la fac d’Aix-en-Provence, travaille au Chœur Contemporain (dir. Rolland Hayrabédian), suit la Formation de Musicien Intervenant, se passionne pour l’électro-acoustique et commence à développer ses propres écritures. Son travail s’axe alors sur la voix.

Avec quelques titres elle part à Paris, entre aux ACP et se lance avec ses premiers tours de chant.
Lauréate du grand Prix de la Chanson Chorus, elle écume les salles et festivals (Sentier des Halles, TLP Dejazet, Chorus de Hauts de Seine…), « artiste en développement » elle travaille avec différents partenaires et équipes musicales. Son écriture se précise et s’oriente vers la « chanson d’auteur ».

Cherchant de nouveaux outils pour poursuivre sa démarche, elle entame une suite de résidences (TNDI Châteauvallon, Cité de la Musique…). Elle réalise deux albums (en collaboration avec Manfred Kovacic / Véga Studio) Désir puis Soleils, et enchaîne les concerts (théâtres, Européen, Café de la danse, festivals, francophonie, tournées institut français en Europe de l’Est…)

Parallèlement, elle compose pour différentes performances (courts métrages, danse contemporaine, lectures parlées, chœurs…) et signe 4 opéras d’enfants / adolescents dont Loulou puis Don Kitsch, projets scéniques et discographiques, qui feront notamment l’objet d’éditions. Elle met également en œuvre divers projets de proximité (action culturelle, commandes…) auprès des différents publics.
Enfin, elle collabore en tant qu’interprète et artiste associée dans différentes créations (Cie La Zampa /danse contemporaine, Nathalie Demaretz /vidéaste, Ensemble Baroques Grafitti….)

Auteur, compositeur et interprète, son approche empirique l’amène à réaliser des formes éclectiques et des écritures exigeantes. Elle finalise actuellement sa création Champs érotiques.

 


autrement dit… en toute sobriété…

 

D’une mère merveilleuse et d’un père extraordinaire, naquit un soir d’été, une enfant, heureuse.
Des premières années, il ne nous reste que peu de traces, sinon qu’elle erra longtemps sous les tables, fascinée par le monde ici-bas et si haut.
Bien plus tard, la belle imprudente goûta aux charmes d’une guitare et s’éveilla…
Elle se métamorphosa alors en une véritable bête, rockeuse invétérée, bassiste du fameux group « Acné » dont l’inspiration germait chez d’étranges tribus telles les Who, les Queens, les Zeppelin…
Très vite le débordant succès la fit fuir et elle se réfugia, solitaire, dans les tentacules de la guitare classique.
Créature assoiffée de découvertes, elle menait double vie ; pourchassant stages et festivals de danse, prodiguant avec allégresse l’immense fortune gagnée à la sueur de son corps… car oui, c’était elle la demoiselle publique, la célèbre vendeuse de chouchou qui arpentait inlassablement les plages de la Côte-d’Azur.
Plus elle grandissait, plus l’espace, voire le vide, l’attirait. Célébrant un véritable culte à la vie – que dis-je, à la vida!
C’est à ses moments de grâce dit-on, qu’elle s’éprit d’une harpe, instrument mythique de surcroît qui lui offrit plus d’ampleur que la malingre guitare lâchement abandonnée sur les bords du destin.
Et, de cordes en cordes, telle une sauvageonne, elle pénétra les mystérieuses forêts de l’âme… Au crépuscule on pouvait l’entendre bramer parfois, s’adonnant aux plaisirs de la musique vocale… Lentement, elle sombrait dans le gouffre du multidimensionnel, du total, du cosmique, l’inaccessible osmose de tous les arts, quoi !
Un ultime sursaut la projeta à Aix-en-Provence. Elle y étudia l’art de la musique, puis entra dans les ordres où elle se passionna pour l’électro-acoustique, et s’initia à l’orchestre, à l’harmonie, à la pédagogie et autres barbaries en tous genres.
Alors, seulement alors, elle osa livrer au monde les fruits de ses errances longuement macérées à l’eau de vie : ses secrets, devenus au cours des temps de véritables énigmes, virent le jour sous forme de « performances » (espèce en voie de disparition survivant dans les hautes sphères)… La critique fut unanime, le scandale retentissant, elle dut s’exiler.
Tel un îlot voué aux terribles bourrasques solitudinales, elle trouva enfin l’éblouissante réponse à sa quête : ô joie toutes les dimensions ne pouvaient-elles se déployer à travers la voix, seule? Son sang ne fit qu’un tour, elle se rua, infatigable, dans les jupons de la Chanson.
Mais, bien vite, il fallut se contraindre à une chanson de type « normal », dont l’INSEE vient d’ailleurs de nous communiquer les mensurations :
vers mesurée – durée limitée – gai refrain – un début, une fin
C’est ainsi, qu’un jour d’automne surgit de ses hauts lieux la providence. Elle tenta le pire, pure ascétique n’ayant rien à perdre, sauf votre respect, et chanta son unique chanson normale : « Acid » (véridique! quoiqu’ elle n’en touchait goutte, remarquez à ce stade elle aurait juste explosé !). Insoutenable suspens…
Sonnez trompettes ! Adieu la terre, adieu vendanges et cigalous, la capitale l’appelle !
S’écoulèrent alors de légendaires péripéties jusqu’au soir tant désiré où elle se jeta enfin sur une vraie scène, offrit à un vénéré public son premier tour de chant.
Depuis elle poursuit sa course, de déserts en oasis, elle chante.

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